Anxiété : fous toi la paix

Anxiété : fous toi la paix

Salut. Tu vas bien ?

Non ?

Ben t’as le droit.

Ce qui me mène au point 1. En cas d’anxiété…

1. Fous toi la paix.

fous toi la paix

Ouais.

Tu as le droit d’angoisser, le sais-tu ?

Ça n’est pas « mal » et ça n’a rien à voir avec la faiblesse.

Les gens qui associent l’anxiété à la faiblesse devraient vivre avec, et on en reparle après.

Suite à expérience sur échantillon représentatif, on verra vite si ils continuent à tenir de grands discours sur la faiblesse des autres sans appeler leurs mamans.

Il ne suffit pas de penser à autre chose et ça ira mieux, n’est-ce pas ?

OK, ayé, vu. Je l’ai trouvé.

Je viens d’apercevoir cet éminent personnage que tu as toi aussi dans ton entourage.

Le mec, il a tout compris à la vie, et il te dit que pour aller mieux il suffirait…

(roulement de tambours)

…d’aller mieux !

Bordel, mais quel génie.

Je vote intensément pour la canonisation de ce type.

Donc, pendant qu’il est chez le pape (qu’il y reste !), reprenons cet article.

Tant que tu croiras qu’il te suffit de penser à autre chose et ça ira mieux ou que il y a pire ailleurs (et de préférence dans un pays lointain), tu n’avanceras pas.

Anxiété + culpabilité d’avoir de l’anxiété = ça marche pas.

Par conséquent, fous toi la paix et donne toi le droit d’en être là.

C’est safe ici et je vais rien dire sur toi.

Il est OK de ne pas être ultra fonctionnel-le 24h sur 24.

Plus tu essaies de te raisonner en te disant qu’il y a plus grave ailleurs et plus ça s’amplifie.

Ce genre de raisonnement, c’est de l’autodestruction : un comportement toxique visant à t’interdire de ressentir ce que tu ressens, et probablement à l’interdire aussi aux autres en les jugeant « faibles » dès qu’ils sont pas tanky comme toi n’est-ce pas ?

À moins que cette tyrannie ne s’applique qu’à toi-même et que les autres, par contre, ils aient tous les droits ?

Nique la logique.

Le niveau de gravité échelonné d’après je ne sais qui, on s’en fout !

Si c’est grave pour toi, c’est que c’est grave.

Moi je te croie.

Tu n’angoisses pas pour t’amuser.

Oublie ce que les gens disent, c’est souvent nul et sans intérêt.

Les gens ne sont pas dans tes chaussures et scoop : tu es légitime.

Tu as le droit de ressentir ce que tu ressens et de vivre ce que tu vis.

Et ne viens pas me reparler encore de l’avis de ton beau-frère : je m’en fous de lui.

Ce qui compte, c’est toi.

2. Il est permis de respirer

il est permis de respirer

Ça va sûrement t’agacer (ça m’agace aussi !) , mais les gens qui te disent Respire ! ont raison.

Souvent, c’est dit d’une manière maladroite qui renforce l’angoisse, mais le conseil reste bon.

Le truc, c’est de ne jamais dire ça à quelqu’un en mode injonction à respirer.

L’angoisse ayant beaucoup à voir avec le fait que la personne ne se fout jamais la paix, ce n’est pas le moment d’en rajouter en ce sens.

Suggère, n’impose jamais.

Écoute ce que la personne a à te dire si elle est en état de parler.

Si elle n’est pas en état, ne la force pas à parler. Reste à côté, et c’est tout.

Il est vrai que quand on angoisse, la respiration se bloque et on fait n’importe quoi avec.

Se concentrer dessus permet de faire repartir le système, comme un ordinateur planté.

Une technique simple : la cohérence cardiaque. Tu inspires sur 5 secondes, tu expires sur 5 secondes, et tu fais ça pendant 5 minutes. Il y a des applis pour ça, ou bien tu peux mettre le minuteur, ou même tu peux compter dans ta tête. Ça a le mérite d’être pas compliqué et accessible à tous.

Je ne suis pas fan des techniques qui demandent 10 000 ans d’apprentissage ésotérique avec des passages de grades mystiques pour espérer peut-être hypothétiquement un jour se sentir mieux si le Grand Maître en a décidé ainsi. Économie et simplicité.

Si tu veux pas de techniques (et c’est OK aussi), essaie au moins de prendre conscience de ta respiration sans chercher à la contrôler et de t’autoriser à respirer de la manière dont tu respires.

Tu peux te répéter dans ta tête : « C’est OK de respirer ainsi. Je suis OK. Je ne vais pas mourir. Je suis angoissé-e. C’est OK d’être angoissé-e ».

On en revient au fait de se foutre la paix : ce truc révolutionnaire que, bien souvent, ton entourage toxique ne veut pas que tu fasses.

Tu dois t’autoriser à le faire quand même en chantant « nananananère ! ».

Ils te traitent d’égoïste ? Chante plus fort.

Je suis là pour t’encourager.

Si ils sont pas contents, ils mettront des boules Quiès, et voilà pour eux.

3. La vérité est sur Youtube… ou pas.

Sur Youtube, il y a des gens qui font des jardins zen avec du sable, de l’hypnose pour tout et n’importe quoi ainsi que des tas de trucs anti crise d’angoisse.

Il y a des personnes très cools qui font des vidéos ayant à la fois une valeur artistique et une vraie utilité.

La musique aussi ça aide, à condition de choisir la bonne, et ça peut être tout à fait autre chose que les musiques estampillées « de relaxation » ou « de méditation ».

Chez certaines personnes, le metal ou le rap marchent mieux que les chants grégoriens de moines intitulés « relaxation ultime pour dormir en 30 secondes ».

Il faut sortir des idées reçues sur le fait de « se calmer », en fait.

Et trouver ce qui te va à toi, et pas au psy-machin-chose, ou à l’autre espèce de moine.

Attention quand même aux vidéos perchées sur les archanges incarnés de la dynastie du chelou.

Le but c’est de redescendre sur Terre, pas de se percher dans le pays magique d’un nouveau gourou qui ne vaudra pas mieux que ton beau-frère, mais sur un autre sujet.

Et non, ce n’est pas le moment de regarder cette vidéo complotiste sur les extra-terrestres de deux mètres de haut qui auraient atterri dans le champ de ton voisin Gérard.

Si tu es en pleine crise d’angoisse, après tu vas te demander si c’est vrai et quel est le rôle de Gérard dans cette machination.

Donc : les trucs drôles et/ou relaxants : oui.

Les trucs de gourous New Age à injonctions mystiques et les « docus-choc » complotistes : non.

Du bon sens, tu vas me dire.

Mais quand on est angoissé, on fait souvent n’importe quoi parce que le bon sens est parti en vacances à Pétanque-sur-les-Flots, donc les choses simples sont toujours utiles à rappeler.

Et non, ça ne veut pas dire que tu es bête, si tu te fais avoir une fois, ou deux, ou treize.

Tu as juste besoin de ralentir à cet instant T, et ta vie ne se définit pas par cet épisode.

Le plus important est d’arrêter de chercher ce qui pourrait te desservir.

Parce que si tu fais pas gaffe à toi et que tu es en phase « autodestruction », tu vas faire la chose suivante, avec Internet :

  1. Avoir mal quelque part.
  2. Demander à Google.
  3. Croire que tu as un cancer.

Toi-même tu sais.

4. Tu peux bouger

Du sport, du ménage ou n’importe quoi d’autre.

Si ton angoisse t’immobilise c’est le moment de bouger.

Contre-intuitif, mais ça marche.

Si tu n’y arrives pas, tu peux aussi rester immobile comme un caillou le temps que tu y arrives.

Mais bouge après.

Et si ça te gonfles que je te dise « respire », tu peux aussi t’énerver devant ton écran et m’envoyer des boules de feu : je suis solide et ignifugée. 🙂

feu lunablog

5. Rigoler.

J’ai découvert des gens qui font des courses de brouettes. Ou des courses de fromages géants.

Le très mauvais gangsta rap me fait bien rire aussi. Ils ont de ces accoutrements les rappeurs (et les paroles sont bien ^^).

Toi aussi, assume à la face du monde tes Hauts Loisirs Intellectuels.

Je suis tout à fait favorable au fait que des gens s’aplatissent sur des murs à scratch déguisés en chèvres et appuient sur le buzzer quand ils ont trouvé la bonne réponse.

Je suis une ancienne littéraire snob, mais qui a muté.

Très utile en cas d’anxiété.

Vous allez me dire après ça que je suis obsédée par Youtube. Menteries ! Ou pas.

6. Pleurer.

Si tu peux pleurer, c’est bien. Ça relâche la pression.

Après soit t’as plus aucune énergie et tu peux aller dormir tranquille, soit t’as récupéré ton énergie et t’as un boost pour faire autre chose.

Lalala je regarde même pas.

J’épluche des salsifis en chantant à la volette, il y a des types qui pleurent et je les vois même pas. (ça s’épluche des salsifis ? Je vais demander à Google après cet article.)

Pleurer est une fonction physiologique naturelle de l’être humain.

Il n’y a aucun stigma, ni honte, ni rien du tout de méchant ou de négatif à rattacher au fait de pleurer.

Je m’adresse surtout aux garçons ici car on vous a bourré le crâne avec ça, comme quoi vous auriez pas le droit pour une obscure raison que j’ai rien compris.

Donc, hey, coucou, bienvenue au XXIème siècle, vous pouvez venir, on a des gâteaux.

cookies lunablog

7. Te concentrer sur une seule chose.

Un truc manuel ou un truc physique. Si tu as besoin de te balancer, de déchirer du papier en morceaux, ou de regarder un point sur le mur, fais le.

On s’en fout de l’air que tu as.

Surtout si tu es seul-e : arrête de continuer à te comporter comme si des gens malveillants t’observaient en permanence.

Si tu vis avec des connards qui te disent que tu es zinzin, assume que tu es zinzin, et adieu les connards.

La vie est trop courte pour s’emmerder avec des toxiques, même si c’est ta famille ou ton/ta partenaire. Les relous, ça se quitte. La famille, c’est pas fait pour vivre avec à vie. La vraie famille, c’est celle qu’on choisit. Il peut y avoir des gens de ta famille biologique dans ta famille choisie, mais c’est pas une obligation.

Étant donné que le Moyen-Âge est fini, plus personne ne devrait être obligé de subir une situation juste « parce que ».

Envoie-les paître. Tu vaux. Tu possèdes le swag.

(J’avoue que j’espère secrètement me faire taper dessus par des médiévistes venant me soutenir que le Moyen-Âge n’était pas une période si sombre. Ça donnerait du relief à mon article).

moyen age

8. Le contact physique peut aider, ou pas d’ailleurs.

Mais pas avec quelqu’un de fâché avec qui tu vient de te fâcher. Ça, c’est corrosif.

D’autres personnes ne supportent pas d’être touchées, et c’est OK aussi.

Parler est une bonne idée si ton entourage est bienveillant.

Si ton entourage ne l’est pas, c’est probablement parce que tu passes ta vie à te cacher en faisant semblant d’être « normal-e» tout en slalomant entre les toxiques.

C’est un peu les Jeux Olympiques des relous tous les jours quoi.

C’est pas une vie du tout, et il faut arrêter ça si tu veux t’en sortir.

Et c’est pas une injonction, si tu peux pas arrêter pour le moment parce que ça t’angoisses trop, ben continue, jusqu’au moment où tu en auras vraiment marre et où tu t’accorderas enfin suffisamment de respect pour vouloir arrêter.

C’est pas facile de quitter le conjoint, la maison, le chien, la belle-mère ou de « leur faire comprendre » (spoiler alert : « leur faire comprendre », ça ne marche pas). J’ai pas dit que c’était facile, hein. J’ai dit que c’était FAISABLE.

Tu y arriveras si tu considères qu’il est permis d’être zinzin, et qu’il est permis de respirer.

Arrête de vouloir être « normal-e » pour faire plaisir à ta mère, à ton employeur, à ton mec, ou à ta nana, et tout ira pour le mieux.

Tu déclencheras peut-être un cataclysme ou deux, et puis les gens passeront à autre chose car il y aura une nouvelle série Netflix qui sortira à ce moment là.

Et avec tes nouvelles prises de risques, et ton nouveau super-pouvoir d’énonciation du Ça-suffit-dégage, tu trouveras enfin des gens bien qui te sortiront pas du yakafokon boost motivation lève-ton cul à la moindre occasion.

Ils te foutront la paix, et tu leur foutras la paix. C’est magique, essaye ça.

liberté lunablog

 

Et pour quand ça va vraiment pas et que tout tourne en carré, il y aura Internet, et sur Internet, il y aura moi. Je ne me moquerais jamais de toi.

Prenez soin de vous, soyez zinzin et faites n’importe quoi. C’est important. Très.

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