Pourquoi tu n’écris pas : les réponses ultimes

Pourquoi tu n’écris pas : les réponses ultimes

Si tu as un projet d’écriture et que tu n’écris pas, cet article est pour toi.

SPOILER ALERT : cela n’a rien à voir avec le fait que tu ne sois pas un/e élu/e de l’inspiration mystique des archanges qui chantent.

1. Tu attends l’inspiration mystique

Tu as un projet de roman, ou d’article, ou d’essai scientifique sur la reproduction des coléoptères à travers les âges.

C’est cool.

C’est très bien d’avoir des projets.

Seulement, le projet il est dans ta tête, et c’est tout.

Tu en parles longuement à ton entourage depuis des jours, des mois, des années.

Ça n’aboutit pas du tout.

Tu dis vouloir travailler dessus, mais tu trouves toujours mieux à faire.

Pose-toi les questions suivantes :

Aime-tu davantage l’idée d’avoir ce projet que la perspective de le réaliser ?

T’imagine-tu déjà en dédicaces au salon du livre de Plouchec-sur-les-oies sous les vivats de la foule en délire alors que tu as écrit uniquement la première ligne de ton roman ?

Cette première ligne a-t-elle été écrite depuis environ mille ans dans un moment d’ébriété confus avant d’être remisée dans un placard ? (docmachin1.doc étant l’équivalent numérique d’un placard).

Cette première phrase est-elle : Il s’assit sur sa chaise et regarda sa tasse de café, pensif., ou quelque chose d’approchant ?

Trouves-tu cela nul ?

Trouve tu cela génial ?

Est-ce que tu n’as pas la moindre idée de qui est ce il, de pourquoi il boit du café, et de pourquoi il est pensif ?

Compte-tu sérieusement sur l’inspiration mystique pour te souffler à l’oreille la marque de café de cet embryon de personnage, et son importance cruciale dans l’histoire pour la suite des événements ?

Si tu as répondu oui a une ou plusieurs de ces questions, c’est que tu romantises l’inaction et le fait d’être bloqué.

Jette un œil au remède.

Remède : comprendre que l’inspiration est une chose magique et merveilleuse qui n’aime rien d’autre que le travail et la régularité.

Si tu passes ton temps à faire du rien en attendant l’inspiration et que quand elle arrive tu es trop occupé à geindre pour t’asseoir sur ta chaise, l’inspiration, elle se casse.

C’est normal, tu ferais la même chose.

On a tous dans notre entourage cet ami qui ne fait que se plaindre de sa situation et qui refuse pourtant toutes les solutions proposées.

Si tu aimes davantage râler et être maudit que d’avancer sur ton projet, ne t’attends pas à obtenir de l’aide.

Ni de l’inspiration, ni de quoi que ce soit d’autre.

La muse est comme ta grand-mère, elle n’aime pas l’ingratitude et le je-m’en-foutisme.

Donc oui, dis bonjour à la dame et assieds toi sur ta chaise, il y a un respect à avoir si on veut des résultats.

Pour que l’inspiration se pointe, il faut apprendre à travailler sans inspiration.

C’est le paradoxe, et c’est très utile de savoir ça.

Apprends à produire des trucs plus ou moins nuls, brouillons ou discutables, et préfère produire ça plutôt que rien du tout.

Personne ne peut vivre dans un état de grâce à paillettes 24h sur 24.

C’est une bonne nouvelle car si il n’y avait pas de contraste on s’emmerderait au bout d’un moment comme des rats morts.

En acceptant les hauts et les bas et en créant quelle que soit la saison, on peut terminer ce qu’on fait.

Pars d’où tu es. Arrête d’attendre. Commence à prendre les manettes. Et fais quelque chose. N’importe quoi.

Perso j’écris tous les jours, même dans une énergie pourrie. J’y déroge très rarement.

Je ne recherche pas la qualité, juste de la régularité. Et c’est à force de régularité qu’on finit par obtenir de la qualité.

Si tu attends en permanence l’énergie des licornes à paillettes pour oser mettre un pied devant l’autre, tu risques fort d’attendre trèèèès longtemps. Très.

Car les licornes à paillettes aident plus volontiers les gens qui font des trucs, qui sont réguliers et qui n’abandonnent pas.

Il n’y a pas les élus et les autres, ça c’est une vaste connerie héritée d’un autre siècle.

Si tu veux ça, bosse !

2. Tu imagines tes parents/frères/cousins par dessus ton épaule

Avec toi, il ne s’agit plus d’un premier jet, mais d’un moulin.

À peine as-tu écrit une ligne que tu imagines déjà la désapprobation de ta tante Henriette au salon du livre de Plouchec-sur-les-oies où tu ne manqueras pas de présenter ton œuvre maudite en faisant face à tes admirateurs déchaînés.

C’est bien pour ça que tu n’écris rien.

Tu n’es pas capable de faire le vide des projections et des opinions de ton entourage au moment où tu t’assois sur ta chaise, et c’est une véritable attaque mentale d’oiseaux tendance Hitchcock.

Si tu arrives par miracle à t’assoir devant un traitement de texte ou une feuille blanche avec tout ce fatras, je salue ton effort de volonté, parce que dans ces conditions c’est pas facile.

Si tu as honte d’écrire et que tu as peur de l’opinion éventuelle de ton entourage pour un truc qui n’est même pas encore commencé et encore moins sorti, il est probable que tu trouves toujours autre chose à faire.

Quelque chose qui a l’air urgent, sérieux et adulte pour te donner bonne conscience.

Dégivrer le congélo par exemple. C’est très bien, ça, dégivrer le congélo. L’avenir du monde en dépend, et ça ne peut pas attendre 1 heure que tu aie fini d’écrire.

Tu peux même t’adonner à un type de procrastination encore plus vicieux et sophistiqué : croire que tu dois t’occuper du congélo et de l’administration en priorité, et procrastiner dessus, car tu sais inconsciemment qu’une fois que tu te seras donné bonne conscience en finissant toutes les tâches reloues et soi-disant prioritaires ben tu n’as plus aucune excuse pour ne pas écrire. Pas la moindre. Mais que va penser tante Henriette ? Telle est la question.

Remède : Te mettre dans ta bulle de création et t’en foutre des autres. Réduire le volume. Arrêter de surconsommer des contenus inspirants culpabilisants pour comparer ton échec à la réussite des autres (ou du moins à ce qu’ils veulent bien te présenter sans trop la ramener sur les coulisses).

Tu vas me dire plus facile à dire qu’à faire, mais en fait, pas tant que ça.

Il suffit simplement de te rappeler que tout ce que tu écris n’a pas a être public et que les premiers jets ne sont jamais parfaits, ce qui nous amène au point 3.

Ton espace d’écriture c’est ta bulle, pas un moulin.

Si tu ne te respectes même pas assez pour comprendre ça, ne fais rien, ça ne sert à rien. Tu vas tout planter et tu vas geindre que ta famille ne t’as jamais compris/e et que ton papa n’était pas là un matin de juillet quand tu avais 4 ans.

Et si ce que je viens d’écrire t’énerves, fais quelque chose. Mais de l’air quoi. Tu as vraiment envie de définir tes projets créatifs par rapport au fait que tante Henriette ne t’as pas offert le cadeau que tu voulais quand tu étais petite ? Triste vie. Il est pire que temps de prendre un nouveau départ.

 

Ouais, un nouveau départ.

 

3. Tu veux un premier jet parfait

Ben je vais casser le mythe tout de suite : un premier jet c’est horrible, et c’est totalement illisible pour autrui.

Si tu ne t’autorises pas à t’amuser et à expérimenter durant cette phase, ouais, ce sera parfait, ampoulé, chiant, et voilà.

Il n’y aura aucune émotion dans ton texte, et rien qu’à sa lecture ça puera tellement le conformisme et la terreur du regard des autres que tous tes lecteurs potentiels s’enfuiront dans la direction opposée.

Remède : Le meilleur remède est de t’autoriser à expérimenter, à faire 50 versions, à superposer les versions, à écrire Badaboum !, à inviter des extra-terrestres en soucoupe volante au milieu de ta romance historique toute tranquille, à oser un ton familier au milieu de ton essai sérieux, bref, teste des trucs.

Si tu veux la perfection du premier coup, à coup sûr tu vas t’emmerder, et nous emmerder avec.

Admets un peu de chaos et de grand n’importe quoi, et tu te sentiras mieux.

Mettre un peu de structure, c’est pas incompatible avec le fait que la créativité, ce soit le bordel.

C’est précisément ceux qui pensent que flow et structure sont incompatibles qui ne font rien.

C’est le bordel et c’est imparfait ET ça doit être organisé.

La politique du l’un ou l’autre, c’est profondément chiant.

Admets-le, tu t’auto-saoule.

 

Je ne sais pas si ceci représente le chaos ou l’ordre, mais ça me fait penser que c’est une bonne synthèse des 2 ET que j’ai grave envie d’aller à la mer. En toute saison, évidemment. La mer l’hiver je trouve ça trop cool.

4. Tu ne comptes que sur la structure et la régularité

Ça, c’est le contraire exact des perchés de l’inspiration mystique qui ont du mal à faire descendre leurs idées dans le concret.

Dans ton cas, tu étouffes l’inspiration par trop de structure et tu ne respires pas.

Tu ne laisses pas suffisamment tes idées décanter, et tu ne t’autorises pas assez à dévier de ton plan et à expérimenter de nouvelles choses.

Il y a deux catégories d’auteurs bloqués :

  1. Ceux qui attendent l’inspiration mystique des archanges qui chantent, et par conséquent ne font rien.
  2. Ceux qui ne comptent que sur le travail et la régularité, et par conséquent, étouffent l’imprévu.

Je connais quelqu’un qui écrit un essai sur un sujet précis en ce moment.

La dernière fois qu’on en a parlé, il bloquait et s’agaçait.

Il remettait l’une de ses phases d’écriture au lendemain tout en culpabilisant.

Je lui ai dit de laisser tomber un moment et d’aller faire un tour.

La régularité c’est bien, mais il faut un équilibre.

Quand ça bloque vraiment et que ça ne marche pas du tout, il faut parfois accepter de sauter un jour ou deux et de faire autre chose de totalement improbable, sans culpabilisation excessive.

On est des êtres humains, pas des robots, et tant mieux. La vie n’est pas linéaire et rangée dans des boîtes classées par ordre de grandeur.

Réfléchir uniquement de manière mécaniste et acharnée en tournicotant les choses dans tous les sens et en les coupant en 25 ne résout pas davantage de choses que l’excès de compter uniquement sur l’inspiration.

Il faut un équilibre entre flow et structure.

Remède : Lâche prise et va faire un tour. Alerte phrase banale activée : ça ira mieux demain. Fais autre chose pendant quelques temps et laisse décanter. Les idées ont besoin de maturation et certains problèmes se résolvent mieux tous seuls en arrière-plan pendant qu’on n’y pense plus. Sérieux, t’es encore là ?! Arrête de t’agacer va faire un tour je te dis ! Une fois la tête aérée on voit les choses sous un autre angle.

Bon, tu peux aussi garder les pieds sur terre, c’est une très belle qualité.

 

Tu te reconnais ? Tu as compris que tout cela n’est pas une fatalité et qu’il ne dépend que de toi d’aborder les choses différemment ? Dis moi dans les commentaires.

Si mes articles te plaisent, tu peux aussi me suivre sur Facebook ou me soutenir sur Patreon.

Merci et à bientôt !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.